Trochantérite : comprendre et soulager cette tendinite de la hanche

Douleur sur le côté de la hanche qui irradie vers la cuisse ? Il s'agit probablement d'une trochantérite, l'inflammation des tendons du moyen fessier. Découvrez comment la reconnaître et la traiter efficacement.

Vous ressentez une douleur persistante sur la face externe de la hanche, particulièrement en montant les escaliers ou en vous allongeant sur le côté ? Cette gêne caractéristique évoque une trochantérite, aussi appelée tendinopathie du moyen fessier. Rassurez-vous : bien que handicapante au quotidien, cette pathologie se soigne efficacement avec une prise en charge adaptée.

Qu'est-ce que la trochantérite exactement ?

La trochantérite désigne l'inflammation des tendons qui s'insèrent sur le grand trochanter, cette saillie osseuse située sur la partie haute et externe du fémur, que vous pouvez palper sur le côté de votre hanche. Plus précisément, ce sont les tendons des muscles fessiers, principalement le moyen fessier et le petit fessier, qui sont touchés.

Selon l'Assurance Maladie, les tendinopathies représentent l'une des principales causes de consultation en médecine générale et en rhumatologie. La trochantérite touche particulièrement les femmes après 40 ans, bien que les sportifs de tous âges puissent également en souffrir.

Anatomie simplifiée de la région

Le grand trochanter sert de point d'ancrage à plusieurs muscles essentiels à la stabilité et aux mouvements de la hanche. Le moyen fessier, muscle en forme d'éventail situé sur le côté du bassin, joue un rôle crucial dans :

  • L'abduction de la hanche (écarter la jambe sur le côté)
  • La stabilisation du bassin lors de la marche
  • Le maintien de l'équilibre en position debout

Lorsque ces tendons sont soumis à des contraintes répétées ou excessives, des micro-lésions apparaissent, déclenchant une inflammation locale : c'est la trochantérite.

Comment reconnaître les symptômes d'une trochantérite ?

La douleur constitue le symptôme principal de cette tendinopathie, avec des caractéristiques bien particulières qui permettent de l'identifier.

La localisation typique de la douleur

La douleur se situe sur la face externe de la hanche, juste au niveau de la saillie osseuse du grand trochanter. Elle peut irradier vers le bas, le long de la face externe de la cuisse, parfois jusqu'au genou. Contrairement à l'arthrose de hanche qui provoque une douleur dans le pli de l'aine, la trochantérite se manifeste clairement sur le côté.

Les situations qui déclenchent ou aggravent la douleur

Plusieurs gestes et positions caractéristiques intensifient l'inconfort :

  • Position allongée sur le côté atteint : la compression directe du trochanter devient rapidement insupportable la nuit
  • Montée et descente des escaliers : chaque marche sollicite intensément le moyen fessier
  • Station debout prolongée sur une seule jambe
  • Croisement des jambes en position assise
  • Marche rapide ou course à pied, notamment sur terrain en dévers

La douleur présente souvent un caractère mécanique : elle s'intensifie à l'effort et diminue au repos, du moins au début de l'évolution. Une étude publiée dans le Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy a montré que 83% des patients souffrant de trochantérite rapportent des douleurs nocturnes perturbant leur sommeil.

La difficulté à dormir sur le côté douloureux constitue souvent le premier signe d'alerte d'une trochantérite débutante.

L'évolution sans traitement

Sans prise en charge appropriée, la trochantérite tend à évoluer vers la chronicité. La douleur devient alors permanente, même au repos, et limite considérablement les activités quotidiennes. L'inflammation peut également s'étendre à la bourse séreuse trochantérienne, créant une bursite associée qui complique le tableau clinique.

Quelles sont les causes de la trochantérite ?

Comprendre l'origine de votre trochantérite permet d'adapter le traitement et surtout de prévenir les récidives. Plusieurs facteurs peuvent être en cause, souvent combinés.

La surutilisation et les gestes répétitifs

La cause la plus fréquente reste la sollicitation excessive des tendons du moyen fessier. Cela concerne notamment :

  • Les coureurs, particulièrement ceux qui augmentent brutalement leur kilométrage
  • Les marcheurs pratiquant la randonnée en terrain vallonné
  • Les danseurs et les pratiquants de fitness avec mouvements latéraux répétés
  • Les personnes ayant une activité professionnelle nécessitant des stations debout prolongées

Selon l'Institut National de Recherche et de Sécurité, les troubles musculo-squelettiques (dont font partie les tendinopathies) représentent 87% des maladies professionnelles reconnues en France, soulignant l'importance des facteurs biomécaniques répétitifs.

Les facteurs biomécaniques

Certaines particularités anatomiques ou posturales favorisent l'apparition d'une trochantérite :

  • Inégalité de longueur des membres inférieurs : même minime (quelques millimètres), elle crée un déséquilibre sollicitant davantage un côté
  • Bassin large : plus fréquent chez les femmes, il modifie l'angle de travail des tendons fessiers
  • Faiblesse musculaire des muscles abducteurs et rotateurs externes de hanche
  • Raideur du fascia lata (bandelette ilio-tibiale), cette bande fibreuse qui longe l'extérieur de la cuisse
  • Troubles de la statique vertébrale (scoliose, hyperlordose lombaire)

Les autres facteurs de risque

D'autres éléments peuvent prédisposer à la trochantérite :

  • L'âge : après 40 ans, les tendons deviennent naturellement moins élastiques et plus vulnérables
  • Le surpoids : il augmente les contraintes mécaniques sur les hanches
  • Les déséquilibres hormonaux : la ménopause chez la femme fragilise les structures tendineuses
  • Certaines pathologies : diabète, troubles thyroïdiens, arthrose de hanche débutante
  • Prise de certains médicaments : les fluoroquinolones (antibiotiques) peuvent fragiliser les tendons

Comment confirmer le diagnostic ?

Si vous suspectez une trochantérite, la consultation d'un professionnel de santé s'impose pour confirmer le diagnostic et écarter d'autres pathologies de la hanche.

L'examen clinique

Le médecin ou le kinésithérapeute commence par un interrogatoire détaillé sur vos symptômes, leur évolution et vos activités. L'examen physique comprend ensuite plusieurs tests spécifiques :

  • Palpation du grand trochanter : une douleur vive au toucher oriente fortement vers le diagnostic
  • Test d'abduction contrariée : écarter la jambe contre résistance reproduit la douleur
  • Test de Trendelenburg : évalue la force du moyen fessier en position debout sur une jambe
  • Recherche d'une raideur du fascia lata par des manœuvres d'étirement

Dans la majorité des cas, l'examen clinique suffit à poser le diagnostic de trochantérite.

Les examens complémentaires

Des examens d'imagerie peuvent être prescrits en cas de doute diagnostique ou de symptômes atypiques :

  • Radiographie standard : elle permet d'éliminer une pathologie osseuse (arthrose, fracture de fatigue) mais ne visualise pas les tendons
  • Échographie : examen de choix pour visualiser les tendons, elle montre l'épaississement tendineux, les micro-déchirures éventuelles et l'inflammation de la bourse séreuse
  • IRM : réservée aux cas complexes, elle offre une vision détaillée de toutes les structures (tendons, muscles, cartilage, os)

Selon la Haute Autorité de Santé, l'imagerie n'est pas systématiquement nécessaire pour le diagnostic des tendinopathies simples et doit être réservée aux situations où elle modifie la prise en charge thérapeutique.

Quels traitements pour soulager la trochantérite ?

La prise en charge de la trochantérite repose sur une approche progressive, associant repos relatif, traitements anti-inflammatoires et rééducation. La bonne nouvelle : dans 70 à 80% des cas selon les études, un traitement conservateur bien conduit permet une guérison complète.

La phase aiguë : calmer l'inflammation

Dans les premiers jours, l'objectif est de réduire l'inflammation et la douleur :

  1. Repos relatif — Évitez les activités douloureuses (course, escaliers, positions aggravantes) sans pour autant rester immobile. Maintenez une marche légère sur terrain plat dans la limite de la douleur tolérable.
  2. Application de froid — La cryothérapie reste un pilier du traitement initial. Appliquez de la glace 15 à 20 minutes, 3 à 4 fois par jour sur la zone douloureuse. Pour celles et ceux qui souhaitent s'équiper d'une solution pratique et réutilisable, un pack de cryothérapie JOLT représente une option française de qualité qui maintient le froid plus longtemps que la glace classique.
  3. Antalgiques et anti-inflammatoires — Sur conseil médical ou pharmaceutique, le paracétamol soulage la douleur. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être utilisés en cure courte (5 à 7 jours maximum) si aucune contre-indication. Des gels anti-inflammatoires locaux, disponibles en pharmacie, offrent une alternative intéressante.
  4. Adaptation du sommeil — Dormez sur le côté sain avec un coussin entre les genoux, ou sur le dos. Cette simple modification améliore considérablement la qualité du repos nocturne.

La rééducation kinésithérapique : clé de la guérison

Une fois la phase inflammatoire apaisée (généralement après 7 à 10 jours), la kinésithérapie devient le traitement de référence. Selon une revue Cochrane, les exercices thérapeutiques constituent le traitement le plus efficace à long terme pour les tendinopathies.

Le programme de rééducation comprend généralement :

  • Étirements du fascia lata, des fessiers et du tenseur du fascia lata pour réduire les tensions
  • Renforcement musculaire progressif du moyen fessier et des autres muscles stabilisateurs de hanche, d'abord en excentrique puis en concentrique
  • Travail proprioceptif pour améliorer l'équilibre et le contrôle moteur
  • Correction des défauts posturaux et d'appui lors de la marche
  • Massages des zones contracturées et thérapie manuelle

La Société Française de Chirurgie Orthopédique recommande un programme de rééducation d'au moins 12 semaines pour obtenir des résultats durables sur les tendinopathies de la hanche.

Les autres options thérapeutiques

En cas d'échec du traitement conservateur après 3 à 6 mois, d'autres approches peuvent être envisagées :

  • Infiltration de corticoïdes : injection locale pour un effet anti-inflammatoire puissant, mais à utiliser avec parcimonie (maximum 2 à 3 fois par an)
  • Ondes de choc : stimulent la cicatrisation tendineuse par ondes acoustiques focalisées
  • Plasma riche en plaquettes (PRP) : injection de facteurs de croissance issus du sang du patient pour favoriser la régénération
  • Chirurgie : exceptionnelle, réservée aux cas vraiment réfractaires après 12 mois de traitement bien conduit

Prévenir les récidives et reprendre ses activités

La trochantérite a malheureusement tendance à récidiver si les facteurs déclenchants ne sont pas corrigés. Une reprise progressive et des mesures préventives s'imposent.

La reprise sportive progressive

Ne reprenez votre sport qu'après validation par votre kinésithérapeute ou médecin. La règle d'or : progressivité et écoute de votre corps.

  • Augmentez votre volume d'entraînement de 10% maximum par semaine
  • Alternez jours d'effort et jours de repos
  • Privilégiez d'abord les activités à faible impact (vélo, natation, elliptique)
  • Échauffez-vous systématiquement avant l'effort et étirez-vous après
  • Arrêtez immédiatement en cas de réapparition de la douleur

Les bonnes habitudes au quotidien

Quelques ajustements simples réduisent considérablement le risque de rechute :

  • Maintenir un poids santé pour limiter les contraintes sur les hanches
  • Choisir des chaussures adaptées avec bon amorti, particulièrement pour la course ou la marche
  • Corriger une éventuelle inégalité de longueur des jambes avec des semelles orthopédiques si prescrites
  • Poursuivre les exercices de renforcement du moyen fessier 2 à 3 fois par semaine en entretien
  • Varier les activités physiques pour éviter la surutilisation d'un même geste
  • Aménager son poste de travail si votre profession nécessite des stations debout prolongées

Vos questions fréquentes

Combien de temps dure une trochantérite ?

Avec un traitement adapté, la plupart des trochantérites guérissent en 6 à 12 semaines. Sans prise en charge ou en cas de poursuite des activités aggravantes, elle peut évoluer vers une forme chronique durant plusieurs mois. La rééducation kinésithérapique accélère significativement la guérison.

Puis-je continuer à marcher avec une trochantérite ?

Oui, la marche modérée sur terrain plat est généralement possible et même recommandée, dans la limite de la douleur tolérable. En revanche, évitez les longues distances, les terrains en pente et les escaliers pendant la phase douloureuse. Le repos complet strict est contre-productif et favorise la fonte musculaire.

La trochantérite peut-elle toucher les deux hanches en même temps ?

Oui, environ 20 à 25% des cas présentent une atteinte bilatérale, souvent décalée dans le temps. Cela survient particulièrement en présence de facteurs anatomiques (bassin large, troubles posturaux) ou lorsque la hanche saine compense la hanche douloureuse et se surcharge progressivement.

Faut-il absolument faire des infiltrations ?

Non, les infiltrations de corticoïdes ne sont pas systématiques. Elles sont réservées aux formes très douloureuses résistant au traitement conservateur bien conduit (repos, cryothérapie, rééducation) après au moins 6 à 8 semaines. La kinésithérapie reste le traitement de première intention et suffit dans la majorité des cas.

Quels sports puis-je pratiquer pendant la guérison ?

Privilégiez les activités sans impact et sans sollicitation latérale intense : natation (évitez la brasse), vélo d'appartement sans résistance excessive, aquagym, yoga doux. Évitez temporairement la course à pied, la randonnée en montagne, le tennis, la danse et le step. Demandez conseil à votre kinésithérapeute pour adapter selon votre cas.

La trochantérite peut-elle cacher une autre maladie ?

Dans la grande majorité des cas, la trochantérite est une pathologie isolée et bénigne. Toutefois, des douleurs de hanche peuvent parfois révéler d'autres affections : arthrose de hanche débutante, bursite, conflit fémoro-acétabulaire, fracture de fatigue, voire pathologie rhumatismale inflammatoire. C'est pourquoi une consultation médicale s'impose pour confirmer le diagnostic, surtout si les symptômes sont atypiques ou persistent malgré le traitement.

Sources et pour aller plus loin