Trochantérite chez la femme de 40-60 ans : pourquoi êtes-vous si touchée ?

Douleur à la hanche, souvent nocturne, qui s'aggrave en montant les escaliers… La trochantérite touche massivement les femmes entre 40 et 60 ans. Voici pourquoi.

Illustration : Trochantérite chez la femme de 40-60 ans : pourquoi êtes-vous si touchée ?

En résumé : La trochantérite — inflammation des tendons des muscles fessiers au niveau du grand trochanter — touche jusqu'à 3 fois plus les femmes que les hommes, particulièrement entre 40 et 60 ans, en raison d'une combinaison de facteurs anatomiques, hormonaux et biomécaniques qui rendent cette tranche d'âge particulièrement vulnérable.

Vous ressentez une douleur sourde sur le côté de la hanche, souvent plus intense la nuit ou en croisant les jambes ? Vous êtes une femme entre 40 et 60 ans ? Vous n'êtes pas seule. La trochantérite est l'une des tendinopathies les plus fréquentes dans cette population, pourtant souvent mal diagnostiquée ou confondue avec une arthrose de hanche. Comprendre pourquoi votre corps est aussi concerné — et quoi faire concrètement — est la première étape pour récupérer.

Qu'est-ce que la trochantérite exactement ?

On appelle trochantérite l'inflammation des tendons qui s'insèrent sur le grand trochanter, cette saillie osseuse que vous pouvez palper sur le côté de votre hanche. Les muscles principalement concernés sont les muscles fessiers — en particulier le moyen fessier et le petit fessier — dont les tendons viennent s'attacher à cet endroit précis. Une bourse séreuse (une petite poche de liquide protectrice) peut également s'enflammer, on parle alors de bursite trochantérienne.

Le terme médical complet est syndrome douloureux du grand trochanter (ou SDGT), ce qui regroupe à la fois la tendinopathie et la bursite. Longtemps surnommée à tort « tendinite de la hanche », cette pathologie est en réalité une souffrance des tendons fessiers due à une surcharge mécanique répétée ou à une dégénérescence progressive du tissu tendineux.

Selon l'Assurance Maladie (Ameli), les douleurs d'origine tendineuse de la hanche représentent une part significative des consultations rhumatologiques et de médecine générale chez les femmes d'âge moyen, souvent diagnostiquées plusieurs mois après l'apparition des premiers symptômes.

Pourquoi les femmes de 40 à 60 ans sont-elles particulièrement touchées ?

Ce n'est pas un hasard si cette pathologie est parfois surnommée « la tendinite des femmes actives ». Plusieurs facteurs biologiques et mécaniques convergent précisément à cette période de la vie pour fragiliser les tendons de la hanche.

Une anatomie qui crée plus de contraintes mécaniques

Les femmes ont un bassin naturellement plus large que les hommes, ce qui crée un angle de valgus (angle entre le fémur et le bassin) plus prononcé. Concrètement, cela signifie que lors de la marche ou de la course, les tendons fessiers subissent des tensions de frottement plus importantes sur le grand trochanter. Selon une étude publiée dans le Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, cet angle biomécanique est l'un des prédicteurs les plus solides du syndrome douloureux du grand trochanter chez la femme.

Par ailleurs, la largeur du bassin féminin influence la façon dont les genoux s'alignent : un genou légèrement en dedans (valgus du genou) augmente encore les contraintes latérales sur la hanche. Ce phénomène est accentué chez les femmes en surpoids ou ayant une faiblesse des muscles abducteurs de hanche.

Le rôle central des hormones : la ménopause en cause directe

C'est peut-être le facteur le plus sous-estimé. Les œstrogènes jouent un rôle protecteur direct sur les tendons : ils favorisent la synthèse du collagène, principale protéine structurelle du tendon, et contribuent à maintenir son élasticité. Or, entre 45 et 55 ans, la production d'œstrogènes chute brutalement avec la périménopause puis la ménopause.

Des recherches publiées sur PubMed montrent que cette carence en œstrogènes entraîne une réduction de la synthèse de collagène de type I, ce qui fragilise mécaniquement le tissu tendineux et le rend plus vulnérable aux microtraumatismes. Autrement dit, le même niveau d'activité physique qui était bien toléré à 35 ans peut devenir une source de souffrance tendineuse à 50 ans, non pas parce que vous faites « trop », mais parce que vos tendons sont biologiquement moins résistants.

L'Inserm a documenté ce lien entre carence hormonale et troubles musculo-squelettiques dans ses travaux sur le vieillissement tissulaire, soulignant que la période périménopausique constitue une fenêtre de vulnérabilité particulière pour les structures tendineuses.

La chute des œstrogènes à la ménopause fragilise directement les tendons, rendant les femmes de 45-55 ans biologiquement plus vulnérables à la trochantérite.

Des facteurs de mode de vie qui amplifient le risque

À ces facteurs biologiques s'ajoutent des habitudes du quotidien qui sollicitent davantage les tendons fessiers :

  • La sédentarité affaiblit les muscles stabilisateurs de la hanche, reportant les contraintes sur les tendons.
  • La reprise sportive trop rapide (marche nordique, running, vélo) après une longue période d'inactivité est une cause fréquente de déclenchement.
  • Dormir sur le côté avec les genoux croisés comprime directement la bourse trochantérienne toute la nuit.
  • Les chaussures sans soutien ou les sols durs (carrelage, béton) multiplient les microchocs transmis à la hanche.

Selon les données de l'INRS sur les troubles musculo-squelettiques (TMS), les femmes actives professionnellement — notamment celles en station debout prolongée ou avec port de charges — présentent un risque accru de développer des tendinopathies de la hanche comparativement aux hommes exerçant les mêmes postes.

Comment reconnaître une trochantérite ? Les symptômes clés

La douleur de la trochantérite est reconnaissable à condition de savoir où chercher. Elle est typiquement :

  • Latérale : sur le côté de la hanche (pas dans l'aine, pas dans le bas du dos).
  • Déclenchée ou aggravée par la montée des escaliers, la marche prolongée, la position assise croisée ou allongée sur le côté douloureux.
  • Nocturne : de nombreuses patientes se plaignent d'être réveillées par la douleur lorsqu'elles dorment sur ce côté.
  • Reproductible à la palpation : appuyer directement sur le grand trochanter déclenche une vive douleur.

À l'inverse, si la douleur est profonde, dans l'aine, irradie dans la cuisse en avant ou est accompagnée de raideur matinale importante, il faut évoquer d'autres diagnostics (coxarthrose, conflit fémoro-acétabulaire) et consulter un médecin pour une imagerie adaptée — généralement une échographie ou une IRM de hanche.

Quels traitements fonctionnent vraiment pour la trochantérite ?

La bonne nouvelle : la trochantérite répond bien à une prise en charge conservatrice (sans chirurgie) dans la grande majorité des cas. La Haute Autorité de Santé (HAS) place la kinésithérapie et la modification des activités en première ligne de traitement pour les tendinopathies chroniques, bien avant les infiltrations ou la chirurgie.

Voici un protocole progressif tel qu'un kinésithérapeute pourrait l'organiser :

  1. Phase aiguë (J1 à J5) — Calmer l'inflammation — L'objectif est de réduire la douleur sans immobilisation totale. On évite les activités déclencheuses, on applique du froid 15 minutes 3 fois par jour sur la zone douloureuse. La cryothérapie reste le réflexe de première intention : dans les 48 à 72h suivant un épisode douloureux aigu, JOLT propose des packs de cryothérapie conçus pour cette phase aiguë, faciles à positionner sur le grand trochanter.
  2. Phase intermédiaire (J5 à J21) — Réduire les tensions musculaires périphériques — Lorsque la douleur aiguë s'atténue, on peut commencer à travailler sur les muscles environnants pour décharger le tendon. L'application régulière d'un gel topique apaisant 2 à 3 fois par jour aide à soulager les tensions des fessiers et de la bandelette ilio-tibiale. Les gels de massage JOLT, à base d'extraits naturels, peuvent compléter cette prise en charge locale au quotidien.
  3. Phase de renforcement (à partir de J14-21) — Recharger progressivement — C'est la phase clé : des exercices de renforcement excentrique et isométrique du moyen fessier, guidés par un kinésithérapeute, permettent de redonner au tendon une tolérance à la charge. La progression doit être lente et ne jamais forcer sur la douleur.
  4. Phase de récupération et prévention des récidives — Une fois la mobilité retrouvée, le travail de décontraction musculaire entre les séances est essentiel. Le massage par percussion permet de relâcher les muscles fessiers et le tenseur du fascia lata (jamais directement sur le tendon douloureux). Les pistolets de massage JOLT proposent plusieurs niveaux d'intensité adaptés à une utilisation douce sur la zone fessière.
  5. Correction des facteurs aggravants — Semelles orthopédiques si nécessaire, adaptation de la posture au sommeil (oreiller entre les genoux en décubitus latéral), modification des chaussures de sport.

Et les infiltrations de corticoïdes ?

Les infiltrations de corticoïdes dans la bourse trochantérienne peuvent soulager rapidement une douleur très invalidante, mais leur effet est souvent temporaire (quelques semaines à quelques mois). Plusieurs études recensées sur PubMed montrent que sans rééducation musculaire associée, le taux de récidive reste élevé. Elles ne sont donc pas une solution à elles seules, mais peuvent constituer une porte d'entrée vers la rééducation quand la douleur est trop intense pour commencer les exercices.

Le tableau comparatif des options thérapeutiques

Option thérapeutique Phase recommandée Efficacité documentée Remarques
Cryothérapie locale Phase aiguë (J1-J5) Bonne pour la douleur aiguë 15 min, 3x/jour, jamais sur peau nue
Anti-inflammatoires (AINS) Phase aiguë, courte durée Soulagement symptomatique Sur avis médical uniquement
Kinésithérapie (renforcement excentrique) Phase intermédiaire et chronique Très bonne, recommandée HAS Traitement de référence, résultats durables
Infiltration corticoïde Douleur intense résistante Effet rapide mais temporaire À associer impérativement à la rééducation
Ondes de choc extracorporelles Phase chronique (> 3 mois) Bonne sur tendinopathie chronique Effectuées par un spécialiste
Chirurgie Échec de toutes les options conservatrices Réservée aux cas réfractaires Rare, moins de 5 % des cas selon la SOFCOT

Prévention : comment éviter les récidives après 50 ans ?

La trochantérite récidive fréquemment si les causes profondes ne sont pas traitées. Après 50 ans, la prévention passe par quelques règles simples mais réellement efficaces :

  • Maintenir un renforcement régulier du moyen fessier : des exercices comme le « clamshell » (ouverture de hanche en décubitus latéral, genou fléchi) ou la montée latérale de jambe sont à intégrer durablement dans sa routine, 2 à 3 fois par semaine.
  • Gérer son poids : chaque kilo en excès augmente les contraintes sur les structures de la hanche lors de la marche. Une réduction même modeste du poids corporel peut significativement réduire la récurrence.
  • Adapter ses chaussures : une semelle amortissante réduit les microtraumatismes répétés. En cas de pieds plats ou de déséquilibre postural, une consultation en podologie est conseillée.
  • Traiter la ménopause : si vous êtes en périménopause ou ménopause et souffrez de tendinopathies récurrentes, une discussion avec votre gynécologue ou médecin traitant sur le traitement hormonal substitutif (THS) peut être pertinente — certaines études suggèrent un effet protecteur sur les tendons.
  • Progresser lentement dans la reprise sportive : la règle du « 10% » — ne pas augmenter le volume d'entraînement de plus de 10% par semaine — est validée pour réduire le risque de blessure tendineuse.

Sources et pour aller plus loin

Vos questions fréquentes

Combien de temps dure une trochantérite avant de guérir ?

La durée varie selon la prise en charge. Une trochantérite aiguë bien traitée (repos relatif, kinésithérapie, correction des facteurs déclenchants) peut s'améliorer en 6 à 12 semaines. En revanche, une forme chronique négligée peut persister plusieurs mois, voire dépasser l'année. La reprise d'une activité déclencheuse sans rééducation est la première cause de chronicité.

Peut-on continuer à marcher avec une trochantérite ?

Oui, dans la plupart des cas. La marche modérée sur terrain plat est généralement tolérée et même conseillée pour maintenir la circulation et éviter l'atrophie musculaire. En revanche, il faut éviter les terrains en dévers, les longues montées, et adapter la distance à votre seuil de douleur. La règle : pas de douleur supérieure à 3/10 pendant l'activité.

La trochantérite peut-elle être confondue avec une sciatique ?

Oui, c'est une confusion fréquente. La sciatique provoque une douleur qui part du bas du dos et irradie dans la fesse, puis descend le long de la jambe jusqu'au pied, souvent avec des fourmillements. La douleur de la trochantérite est localisée sur le côté de la hanche, sans irradiation nerveuse. Si vous avez un doute, seul un examen médical avec imagerie peut trancher.

Est-ce que la trochantérite est liée à la ménopause ?

Oui, indirectement mais de façon significative. La chute des œstrogènes à la ménopause fragilise les tendons en réduisant la synthèse de collagène. Cela ne signifie pas que toutes les femmes ménopausées développeront une trochantérite, mais que cette période constitue une fenêtre de vulnérabilité accrue, surtout en cas de reprise sportive ou de surpoids.

Faut-il arrêter le sport complètement en cas de trochantérite ?

Non, l'arrêt total n'est généralement pas recommandé. Un repos relatif (réduire l'intensité et le volume, éviter les activités spécifiquement douloureuses) est préférable. La natation et le vélo en position confortable sont souvent bien tolérés. Votre kinésithérapeute pourra vous guider vers les activités à maintenir selon votre tableau clinique.

Quels exercices sont à faire chez soi pour soulager la trochantérite ?

Les exercices isométriques du moyen fessier (contraction statique sans mouvement) sont souvent les premiers recommandés car ils chargent le tendon sans frottement. L'exercice du « clamshell » couché sur le côté (non douloureux) et la montée latérale de jambe allongée sont des points de départ. Ces exercices doivent idéalement être prescrits et contrôlés par un kinésithérapeute pour éviter les erreurs d'exécution.