La trochantérite, ou tendinite des fessiers, touche particulièrement les femmes après quarante ans et les coureurs réguliers. Elle est souvent confondue avec une douleur de hanche classique, alors qu'elle se traite très différemment.
C'est l'une des tendinites les plus invalidantes au quotidien : elle empêche de dormir sur le côté concerné et rend la marche douloureuse. Heureusement, elle se soigne très bien avec les bons réflexes.
Qu'est-ce que la trochantérite ?
Le grand trochanter est la saillie osseuse qu'on sent en posant la main sur le côté de la hanche. Plusieurs tendons s'y insèrent, notamment ceux des moyen et petit fessier, qui stabilisent le bassin pendant la marche.
Quand ces tendons s'enflamment, la simple pression du matelas devient insupportable, et chaque pas sollicite la zone douloureuse.
Reconnaître la trochantérite
- Une douleur vive sur la face externe de la hanche, parfois irradiant le long de la cuisse
- Une impossibilité de dormir sur le côté concerné
- Une douleur en montant ou descendant les escaliers
- Une gêne pour croiser les jambes
- Parfois une boiterie discrète après une longue marche
Les causes les plus fréquentes
- Une augmentation rapide du volume de marche ou de course
- Une faiblesse des muscles fessiers (très fréquente en sédentarité)
- Une différence de longueur des jambes
- Un excès de poids qui sollicite davantage le bassin
- Un déséquilibre postural lié à la grossesse ou à la ménopause
Les cinq traitements qui marchent
1. Le repos relatif
Réduire la marche prolongée et éviter de monter trop d'escaliers pendant deux semaines. Dormir sur le dos ou avec un coussin entre les jambes pour soulager la pression nocturne.
2. Le froid en phase aiguë
Quinze minutes de glace, deux à trois fois par jour, pendant la première semaine. Cible précisément la zone du grand trochanter.
3. Le massage par percussion
Cinq à dix minutes sur le moyen fessier (la zone à l'extérieur de la fesse, en haut). Détend les muscles qui tirent sur le tendon et améliore la circulation locale.
4. Le renforcement des fessiers
C'est le traitement le plus efficace selon les études récentes. Pont, écartement des genoux contre élastique, abductions latérales : trois séries de quinze, deux fois par jour. Renforcer les fessiers décharge la tension sur le tendon enflammé.
5. Adapter ses chaussures et sa posture
Vérifier que les chaussures ne sont pas trop usées, faire évaluer une éventuelle différence de longueur de jambes par un podologue. Si vous travaillez assis, alterner régulièrement.
Combien de temps dure une trochantérite ?
La durée moyenne est de six à dix semaines avec un traitement adapté. Sans renforcement musculaire, elle peut devenir chronique et durer plusieurs mois. Si la douleur persiste au-delà de huit semaines, consultez un médecin du sport.
En résumé
La trochantérite n'est pas une fatalité de l'âge. Renforcer ses fessiers et adapter ses gestes du quotidien permet de la soigner durablement. La clé : agir tôt, et travailler le renforcement plutôt que de se contenter du repos.